Taboulé exotique de chou blanc en souvenir de ma première expérience de méditation.

Ce taboulé exotique de chou blanc au curry est mémorable a bien des égards.

Pour son goût unique et ses couleurs toniques . Pour la plupart de ses ingrédients exotiques cultivés en hauteur et mûris avec la complicité d’un soleil fidèle. Pour son pouvoir de vous (re)connecter à des terres lointaines, notamment celles que j’ai foulées et dans lesquelles ce plat a la délicatesse de me replonger.

Ce midi, j’avais envie, besoin de me remémorer des lieux, des visages, des sensations,  faire appel subtil par la cuisine, aux souvenirs des voyages qui ont forgé ma jeunesse passée ( celle de la vingtaine, il reste celle de la trentaine dont je compte bien profiter autrement, mais tout autant ! ) . Une occasion de célébrer certaines rencontres inoubliables, des amitiés impérissables.

Le Goji, pour mes amis les tibétains exilés avec qui j’ai eu la chance de vivre en Inde quelques mois.

La Mangue, pour la Thaïlande et ses thaïlandais toujours souriants, ses massages relaxants et ma première expérience dans un centre international de méditation. C’était en 2009, à Chang Maï. J’avais 21 ans, mon ex -copain me faisait énormément souffrir ( aucun recul sur mes émotions à cette époque), et par la même occasion…grossir. A cette époque, je n’avais que la malbouffe, le gras, le sucre, comme réflexe de survie pour inhiber, supporter des émotions telles que la colère, la tristesse et la peur. Et puis les vacances de la Toussaint sont arrivées. J’avais besoin de soleil, en manque cruel de vitamine D, de silence et de recul sur ce que je vivais à Lyon. J’étais déjà attirée par la Bouddhisme, et la méditation tant prônée dans les livres du Dalaï Lama ou de Matthieu Ricard m’intriguait, m’appelait de plus en plus fort et franchement. Seulement voilà, me lancer dans la méditation pour la première fois, seule dans mon appartement imprégné d’émotions négatives et de désespoir, c’était perdu d’avance. Après avoir repéré quelques centres de méditations en Thaïlande, j’ai acheté un billet aller-retour pour Bangkok au soir, et le lendemain j’étais dans l’avion. J’avais pris soin d’écrire à quelques centres avant de partir en faisant part de mon intention d’intégrer un programme de méditation chez eux. Et sans me soucier de leur réponse, je suis donc partie. Une fois arrivée à Bangkok, parachutée sur Kosan Road, la piste  d’atterrissage de tous les touristes, festive, tapageuse et commerciale par excellence, j’ai pu trouver un cyber-net pour consulter mes mails, et découvrir avec plaisir (et soulagement ! ) que l’International Meditation Center de Chang Mai, le Nord de la Thaïlande plus vert, plus calme et plus authentique, pouvait m’accueillir. Le programme de méditation durait trois semaines,  autrement dit la durée de mon voyage en Thaïlande. Le séjour n’était pas payant, la donation bienvenue.  J’aurai passé 15 jours merveilleux dans ce petit paradis, échangé si peu de mots , en chuchotant avec les autres séjournant français, australiens, allemands, et pourtant accédé à la richesse d’un monde profond et illimité, non pas à deux pas de moi , mais à l’intérieur de moi . Marche méditative enseignée par les moines bouddhistes présents toute l’année au centre, méditation assise, toute la journée, avant et après les deux seuls repas de la journée ( accueillis , conscientisés et remerciés en prière). Le premier à 6 heures du matin, le second à 10h30, le temps restant de la journée étant consacré à la méditation et au jeûne, avec le droit néanmoins à une petite soupe à 18h00 pour ceux qui le souhaite.

J’ai appris énormément sur moi-même et sur le jeu de la vie grâce à cette expérience. D’abord, grande première, j’ai découvert qu’une pipelette était capable de vivre dans le silence sans ressentir de gêne en présence des autres, libérée de la sensation de ne pas exister quand on a rien à dire, aucun sujet-objet à analyser, à intellectualiser. Que l’on peut rester des heures assis, sans ressentir l’angoisse du vide, ni sombrer dans l’ennui ou tomber dans un profond sommeil. Au contraire, entrer en soi, c’est un raccourci non négligeable vers l’éveil, un passeport vers l’éveil à tout ce qui vit en nous et autour de nous, ces êtres qu’on ne remarque pas quand notre mental fait trop de bruit. A force d’observation, de calme, je me suis rapidement rendue compte que même dans les lieux les plus paisibles du monde, la machine à pensées peut continuer à tourner et vous priver de savourer l’instant présent sans ce formidable outil qu’est la pleine conscience. Visages, souvenirs, angoisses du futur, projets. Tout y passe, toute la journée sans que l’on ne puisse grand chose à cette habitude. Les émotions, peuvent survenir de nulle part, hors-contexte, de manière inexplicable qu’elles soient négatives ou positives. Il est vrai qu’on ne peut les empêcher de surgir, en revanche, on finit par comprendre qu’il appartient à chacun d’entre nous de ne pas s’identifier à celles-ci, de ne pas les juger, de les accueillir, simplement, peut importe leur coloration, en dépit de leur intensité, et de les laisser s’évanouir, s’évaporer et disparaître comme des nuages peuvent occuper pour un temps limité un ciel bleu sans en faire partie pour autant. Je ne vous promets pas d’y arriver du premier coup, mais je peux vous assurer que l’entraînement de l’esprit finit par ouvrir des portes extraordinaire dans l’apparent ordinaire. J’ai commencé ma première journée au centre avec 45 minutes de méditation au compteur, impossible de me concentrer, des fourmilles dans les jambes, l’appel du ventre affamé à 15 h00 de l’après midi.  Sept jours après, je comptais 5 heures de méditation par jour, 10 jours après j’étais félicitée par les moines devant lesquels nous nous présentions chaque soir avant d’aller dans nos chambre. Ils tenaient un cahier dans lesuel étaient noté nos « heures de méditations », et notre évolution au fil des jours. Lors de mon dernier passage devant eux, j’ai posé une question à celui qui m’avait encouragé à continuer ainsi. « Une fois rentrée en France, à la ville, repris les cours, les habitudes d’une vie à cent à l’heure, comment garder les effets bénéfiques de la méditation dans mon quotidien sachant que je n’aurai pas toujours le temps de méditer plus de 15 minutes ? »

Le visage stoïque, le moine m’a répondu en anglais :  » Quand tu manges, fais le lentement, mâches jusqu’à la liquéfaction, quand tu te douches, concentre -toi sur le bruit de l’eau, son ruissellement sur ta peau, rappelle toi de la source première de cette eau arrivée jusque dans ta salle de bain, salue cette dernière et remercie la.. »

C’est aussi ça la méditation, une médit’action de tous les jours de tous les instants, une pleine conscience de ce que l’on ressent, ce que l’on sent, positivement ou négativement, ça n’a pas d’importance quand on reste présent.

La recette pour 2 personnes par ici  :

  • 1 mangue
  • 1/2 petit chou blanc
  • 1 poignée de goji
  • Quelques noix du Brésil
  • 2 figues séchées coupées en petits morceaux
  • 3 cuillères à Soupe de graines de sésames
  • 3 cuillères à soupe d’huile de sésame
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à soupe de sirop d’érable
  • 2 cuillères à soupe de poudre de curry
  • Quelques feuilles de basilic ciselé
  • 1 pincée de sel

 

Commencez par mixer le chou blanc coupé en vulgaires morceaux jusqu’à obtenir de très petites granules. Le chou blanc doit ressembler à une graine de couscous.

Ensuite ajoutez le curry, les huiles, le sirop d’érable, les feuilles de basilic et mixez à nouveau. Une fois la couleur du chou devenu bien jaune , déposez le mélange dans un saladier  et laissez un trou au milieu pour y déposer la mangue.

Couper la mange en petit morceaux. Répartissez les deux tiers en fleur au milieu pour combler le trou et donner du joli volume à votre taboulé. Éparpillez le reste autour.

Ajoutez le reste des ingrédients et mélangez délicatement avec une fourchette, pour obtenir une salade pleine de couleur, à la fois croquante, douce, légèrement acidulée, et mémorable bien-sûr !

Bon appétit !